Architecture

Frank Ghery et la Fondation Luma : une réalisation superbement ambiteuse qui pousse la ville d’Arles toujours plus haut sur le plan culturel

Inaugurée cet été à Arles, point d’orgue de la création de la Fondation Luma, la tour de Frank Ghery se voit de loin : phare, totem, beffroi de la culture, il y a de l’ambition et une volonté de rayonnement dans cet ouvrage architectural qui répond si bien au projet passionné de la mécène Maja Hoffmann. Le bâtiment surmonté d’une envolée torsadée recouverte de 11.000 panneaux métalliques, scintille et capte la lumière et le ciel changeant de la ville. Cathédrale d’inox et de béton comme le dit Télérama, cascade de métal qui attire la lumière comme la décrit sa fondatrice, elle domine l’ensemble des bâtiments qui ont vocation à faire découvrir, à nourrir et célébrer l’art contemporain.  L’équipement culturel est digne d’une capitale : vastes espaces d’expositions, lieux multidisciplinaires de recherche, de rencontres entre artistes, de production …mixant photo, édition, documentaire, multimedia...

La visite de l’ensemble de la Fondation, comprenant outre le bâtiment principal les anciens ateliers SNCF entièrement réhabilités, peut difficilement se faire en un jour. 

Permettez-moi donc de ne relever ici que quelques éléments qui m’ont marquée au cours d’une visite nécessairement trop courte.

Le bâtiment de Frank Ghery est déjà en soi comme toujours sujet d’émerveillement, en particulier pour moi la douceur et la rondeur de l’escalier intérieur si emblématique de ses réalisations. Il est ici particulièrement magnifié par l’intégration au cœur de son déploiement à double révolution d’une œuvre de l’artiste danois Olafur Eliasson, figure de proue de la scène artistique contemporaine. Un miroir circulaire fixé de biais au plafond et tournant lentement sur son axe fait office de miroir magique où l’on se voit descendre à partir du sommet alors même que l’on se retrouve déjà bien plus bas… Rappelons que vous pouvez aussi admirer une œuvre importante de ce formidable artiste à la Fondation Louis Vuitton à Paris.

Dans la tour Luma la créativité est partout, ainsi que l’esprit d’innovation en phase avec le souci environnemental : tuiles en algues, murs en sel, panneaux acoustiques en tournesol, auvents en laine mérinos ...

Que ce soit au travers d’une installation, de la photographie, de la sculpture ou de la peinture, ou de la photographie, les expositions au sein du bâtiment s’articulent autour de la notion de changement, de transformation, de bouleversements sociaux, de phénomènes éphémères, de tensions entre passé, présent et futur … Les sculptures monumentales en bougie de l’artiste suisse Urs Fischer ( que l'on peut également découvrir au sein de la Collection Pinault de la Bourse du Commerce à Paris) sont en cela particulièrement symboliques.

La création de la Fondation Luma et sa mécène Maja Hoffmann ont fait coulé beaucoup d’encre dans la presse, et suscité des propos passionnés dans les diners, les cafés en ville et jusqu’à Paris. On peut aujourd’hui se faire sa propre opinion.

Et les traditionnelles et très appréciées Rencontres de la Photo qui accueillent tant d’amateurs de photo d’art chaque été étaient le moment privilégié pour la mettre en valeur.